Un peu
d’histoire par Marc BOCCARA
Les premiers canaris « Opales « ont fait leur apparition en Allemagne en 1945 chez un éleveur nommé TRICHER, qui a arrêté son élevage, et c’est un autre éleveur du nom de ROSNER qui a récupéré tous les oiseaux.
Ensuite cet éleveur les a présentés à une exposition en Allemagne. M. LAMBERT que je connaissais m’a dit qu’il pouvait s’en procurer. Il en a pris deux couples pour lui et un couple pour moi. A partir de là, en 1958, on a élevé en « pureté » mais j’ai obtenu des oiseaux bruns panachés qui ressemblaient à des lipochromes.
Du reste j’ai accouplé ces issus avec des lipochromes et j’ai eu des lipochromes et j’ai aussi accouplé avec des mélanines et j’ai aussi eu des mélanines. Ces mélanines avaient une sous plume très claire.
J’ai montré ces oiseaux à Mario ASCHERI qui ne s’est pas montré très emballé.
Puis en 1963 j’habitais Champagné, j’avais élevé une soixantaine de ces oiseaux et Mrs ASCHERI et BROCMEYER qui était le fabriquant de la pâtée « Tovo » en Hollande, en ont voulu.
Je leur en ai cédé quelques-uns uns et j’en ai gardé quelques-uns uns pour moi. Messieurs ASCHERI et BROCMEYER sont allés chez Monsieur ROSNER et ont pris plusieurs couples de reproducteurs. Les Allemands appelaient ces oiseaux des agates a hérédité libre ; c’est une hérédité récessive. Les premiers que j’eu, avaient des plumes dans tous les sens, des oiseaux panachés, ils chantaient comme des canaris de hartz.
En 1965 j’avais jugé mon premier mondial à Lisbonne, et là j’avais récupéré une femelle brune intensive Norwich petite que j’avais croisé avec mes verts opales cela m’avait permis d’avoir des oiseaux plus forts et de donner un dessin large que l’on retrouvait sur les autres opales, avec une cagoule sur la tête qui ressemble un peu a la cagoule que l’on retrouve aujourd’hui sur les onyxs.
Plus ils sont « mélanisés » et plus ils ont désormais la calotte sur la tête. Cela m’avait ramené aussi une bonne structure de plume car c’était une femelle brune et dans ces croisements. J’ai aussi obtenu des bruns opales jaunes mosaïques et donc les premiers verts opales jaunes mosaïques. J’ai présenté au championnat de la F.N.O.P de Nevers en 1967 un stam de quatre verts opales jaunes intensifs qui étaient de gros oiseaux avec un bon dessin.
C’est Monsieur BROCMEYER au comité Hollandais qui a proposé la dénomination « Opale » ( il m’en avait parlé et il y avait ce jour là VERKAMPS, ASCHERI, BROCMEYER et une autre personne, et nous nous sommes accordés sur la dénomination « opale ») qui était plus simple et plus jolie que Agate à hérédité libre, c’est donc comme cela que la dénomination « opale » est apparue. Voici un peu résumé l’historique de cette appellation.
Ensuite on a croisé avec des fonds rouges et on a mis aussi du tarin, etc…et on peut dire aujourd’hui que c’est la mutation qui a donné la plus grande nuance de couleurs et qui donne des oiseaux plaisants à regarder, car par exemple les Phaéos sont des oiseaux très jolis mais cela s’arrête très vite en nombre et les autres mutations comme dans le Satiné par exemple c’est pareil.
La difficulté pour ceux qui travaillent des opales, c’est de ne pas choisir des oiseaux avec une très grosse oxydation, car si on met des oiseaux très oxydés ensemble la plume « vrille » cela donne une très mauvaise qualité de plume quand on fait ces accouplements.
C’est pareil pour les onyxs, les premiers avaient une très mauvaise qualité de plume parce-que le gène de l’onyx et de l’opale sont très voisins l’un de l’autre et si on ne corrige pas la structure de plume les plumes vrillent, donc il faut choisir des oiseaux qui ont du brun dans les porteurs ou les classiques que l’on va utiliser pour faire des porteurs afin de corriger ce défaut là.
La difficulté c’est d’arriver à équilibrer le noir, l’eumélanine avec la phaéomélanine et marier les bons sujets ensemble. C’est en fait la grosse difficulté d’avoir des oiseaux noirs en opale avec une bonne qualité de plume. Dans les agates et les bruns c’est plus simple par ce qu’il n’y a pas tant de mélanine sur ces oiseaux.
En sachant que l’opale est un facteur récessif si on met un opale avec un classique tous les sujets sont porteurs mais il faut faire attention car ces porteurs de la mutation opale par rapport au standard, au phénotype de l’oiseau tel qu’il doit être est légèrement modifié même si en apparence l’oiseau a l’air très bon. En général cela se traduit par un voile de brun mais ceux sont de très bons oiseaux de travail. Dans les opales, c’est comme dans les onyxs ceux qui ont sélectionné des onyxs en choisissant les porteurs les plus gris et les onyxs les plus gris et qui n’ont pas utilisé des oiseaux avec du brun les issus au lieu de devenir noirs deviennent « plus gris » et ils se « pastellisent ». C’est donc comme dans les opales et pour trouver des oiseaux avec du dessin, il faut cette combinaison pour pouvoir le maintenir.
Et c’est très important car la qualité de la plume s’en ressent. Le facteur opale entraîne chez ces oiseaux une réduction importante du brun. Il faut sélectionner des sujets qui ont une striation la plus noire et le plus marquée en oubliant pas que l’opale doit avoir malgré tout une couleur bleutée irisée.
Un rappel très important fait par Monsieur Roland Boisard, seuls ne seront jugés que les sujets purs onyx . Ceux qui présenteront la caractéristique d’une autre mutation, en particulier l’opale, seront déclarés non jugeables.
Le noir onyx doit avoir un dessin mélanique noir identique au type classique mais avec une réduction maximale de la phaéomélanine favorisant ainsi la couleur de fond particulièrement sombre, une patine fuligineuse enrobe tout le manteau.
Principales caractéristiques de la mutation onyx : bec, pattes et ongles doivent être oxydés.
Les « très bons onyx » ont un dessin mélanique complet du bec à la base du dos, en poitrine et sur les flancs, la présence du voile fuligineux, une réduction maximale de la phaéomélanine. Les bec, pattes et ongles sont oxydés.
Les « bons onyx » doivent avoir les mêmes caractéristiques, la réduction de la phaéomélanine est moins importante, bec, pattes et ongles oxydés.
Les « moyens » auront un dessin qui deviendra plus confus mais encore évident.
Au mondial d’Alicante, Marc Boccara lors du jugement en collège de cette mutation, car une mutation pour être agrée doit être présentée trois année de suite, il y avait 150 oiseaux onyx, mais il y en avait seulement une dizaine qui avaient réellement le type onyx. Tous les autres oiseaux étaient des oiseaux intermédiaires.
Il faut impérativement écarter le facteur opale de l’onyx pour les avoir le plus noir possible.
L’onyx et l’opale sont sur le même chromosome avec des allèles qui sont très proches, voisins. Monsieur Roland Boisard concernant les bruns onyx précise que le dessin doit être identique au type classique avec un dessin bien défini dans sa forme et de tonalité brun sombre, la réduction de la phaéomélanine rend le manteau plus clair à la normale. Il favorise l’expression du lipochrome.
Dans la forme actuelle des bruns onyx, on peut supposer que la patine fuligineuse se caractérise par un enrobage comme chez les noirs. Monsieur Boccara et Monsieur Boisard pensent qu’il va y avoir une évolution très importante sur cette mutation onyx dans les années à venir.
Lors de cet exposé Monsieur Boccara nous a présenté une quinzaine de différents onyx avec certains sujets qui méritaient d’êtres approfondis. Cela a terminé une journée technique très riche d’enseignements et de savoir distillés par les juges de la CNJF auprès d’éleveurs passionnés.
Denis MALIGNER
Vice-Président C.T.C.