PESCHERAY 2001

Quelques photographies de la journée
…une réunion technique placée sous le double signe
des jugements comparatifs pour les Eleveurs (Apprentis-Juges d’un jour)
et de l’alimentation équilibrée des canaris.
La journée technique Grand-Ouest et de la Région Centre Ouest (R.O.C.O.) qui s’est déroulée cette année prés du MANS à PESCHERAY a rassemblé une trentaine d’éleveurs du CLUB TECHNIQUE COULEURS et sympathisants.
La Société Mancelle d’Aviculture et d’Ornithologie et son Président Mr Marcel RENARD nous ont accueillis dans le magnifique cadre du Château de PESCHERAY et de son parc animalier.
Cette année encore la C.N.J.F. représentée par son Président Mr Roland BOISARD et Mrs BOCCARA et TARLET Juges C.N.J.F./O.M.J. ont permis que cette journée se passe agréablement. Après un accueil avec café et viennoiseries, la journée pouvait commencer.
LES ELEVEURS SONT DEVENUS DES « JUGES D’UN JOUR »
Les éleveurs présents ont commencé les jugements sur les lipochromes sous la direction de Mrs BOISARD, BOCCARA et TARLET. Les juges nous avaient donnés les directives de départ : Vous devez dans chaque catégorie trouver l’oiseau qui « sort » parmi les autres et ce par comparaison avec les autres oiseaux de la classe. Le premier peut-être moyen et les autres mauvais. Mais il peut y avoir selon le niveau du concours que de très bons oiseaux et ensuite vous avez à trouver le premier, le deuxième et le troisième. Mais il faut trancher.
Dans les lipochromes ce qui prime c’est la tonalité du rouge ou du jaune.
Pour l’intensif l’absence d’écailles, mais il faut tenir compte d’un oiseau dont la tonalité n’est pas au « top » ( problème de coloration ) mais qui n’a pas d’écailles. Il ne faut pas le pénaliser partout.
Pour le schimmel, il faut rechercher la qualité des écailles. Il faut une répartition des écailles, la plus régulière possible, dos, poitrine, entre les pattes. Plus la répartition est bonne, meilleur est l’oiseau. Les écailles ne doivent pas être trop grandes, sinon cela provoque des colliers, des « plaques » blanches sur l’oiseau.
Puis il y a la structure de l’oiseau. Le plumage doit être serré. La forme doit être là plus harmonieuse possible, tête bien jointe avec les épaules, une poitrine bien ronde sans être proéminente, la proportion, et le maintien, il doit être à 45°.
Une fois tout cela dit les éleveurs, apprentis-juges d’un jour, se mirent à la tâche. Pas facile à faire, oiseau nerveux dans la cage, mal préparé, un blanc pas très blanc……….. et peut-être qu’après une journée de jugements le regard envers les juges ne sera plus le même.
Un match de foot-ball sans arbitre n’est pas un match. Dans les championnats pour les Juges c’est la même chose. Dans les réunions techniques ce qui est important dans ces jugements c’est que l’on a à apprendre toujours quelque chose à tous les âges que l’on soit juges ou éleveurs. Pour aider les « élèves-juges » Mr BOISARD a pris sa bible les standards et a lu toutes les caractéristiques des oiseaux à juger.
Sur les ivoires il a fallu faire la distinction de la bonne couleur de ces oiseaux. La couleur ne doit pas être brique, ou rose rouge, mais rose tout simplement. Un rose bien réparti uniformément sur l’oiseau. Le rose ivoire schimmel doit avoir lui aussi un écaillage régulier et présent partout sur un fond rose uniforme.
La mutation ivoire est la seule mutation qui affecte le lipochrome. Toutes les autres mutations affectent la mélanine. C’est une mutation liée au sexe.
Ensuite le jugement des mosaïques ; dans un mosaïque ce qu’il faut chercher pour un male c’est le masque le plus régulier possible et pour la femelle, un petit trait à l’œil mais apparent avec un lipochrome qui « claque », mais aussi une belle blancheur.
Il faut les laver comme les lipochromes blancs. Alors là nous sommes entrés dans une grande discussion. Certains passent 20 mn pour laver un oiseau, le traumatisme des oiseaux, le séchage, une cage hôpital pour le séchage, tel ou tel shampoing…
ALIMENTATION
Après une « pause déjeuner » bien venue et mérité, les jugements se sont terminés et Mr Marc BOCCARA a abordé le sujet « alimentation ».
La conséquence pour un oiseau habitué à manger toujours le même mélange de nourriture est que son appareil digestif lui permet de l’assimiler comme il faut. A partir du moment où il y a un changement alimentaire brutal, il y a changement de la flore intestinale ce qui a pour conséquence immédiate que des problèmes intestinaux sérieux apparaissent. L’oiseau tombe malade ou ne s’adapte pas.
Un conseil pou les éleveurs qui donnent des granulés qui existent plus ou moins aujourd’hui en « extrudés » : Maintenir la graine en même temps et notamment l’alpiste. Avec l’alpiste il n’y a pas de problèmes digestifs, pas de problèmes de ventre rouge. Il faut avant tout une graine avec une amande suffisante. Une alpiste à petit prix bien souvent est composée d’alpiste avec beaucoup plus d’écorces qu’il n’y a d’amandes et le canari gaspille parce qu’il n’y a rien dedans.
Donc il faut être assez vigilant quant à la qualité de l’alpiste que l’on achète. Qu’il y ait une amande suffisante pour que l’oiseau puisse se nourrir. L’alpiste est une graine farineuse, comme le gruau d’avoine, le millet.
Les graines qui contiennent des graisses sont la navette, le niger, le chénevis, le lin et l’œillette. Il faut apporter un bon mélange de graines farineuses avec un bon mélange de graines grasses. Le mélange des deux fait un juste milieu, car trop de graines farineuses ou trop de graines grasses nuisent à la santé des oiseaux.
Concernant les pâtées, il est primordial de savoir lire sa composition sur l’étiquetage qui la présente. Il faut surveiller le taux de protéines, le taux de matières grasses, le taux de cellulose et ensuite voir les autres composants.
Une bonne pâtée en période d’élevage doit « tourner » autour de 18% de taux de protéines, parce qu’il faut ce taux de protéines pour avoir une bonne croissance des oisillons.
Il faut voir si dans la composition, vous avez un dosage suffisant qui doit être entre 1200 à 1500 mg de méthionine et lysine ceux sont des acides aminés. La lysine sert à la croissance des tissus et la méthionine à la croissance des plumes. Si vous avez un taux d’acides aminés qui est suffisant cela permet d’avoir un taux de protéines qui est moindre parce-que ceux sont les acides aminés ajoutés qui compensent le manque de protéines. Précédemment dans le commerce, les pâtées étaient plus riches avec un taux de protéines plus important, 22%, 23%, et même une à 30%. Au début les oiseaux poussaient très bien, (car les oiseaux au début de leur croissance ont besoin de 22 à 24% de protéines mais pendant un laps de temps de 3 à 5 jours). Mais quel éleveur va donner telle pâtée à 3 ou 4 cages, telle autre à 5 ou 6cages…
En général on sert la même pâtée à tous les oiseaux.). Mais au bout d’un moment les femelles sont très excitées, celles qui couvent abandonnent les nids, celles qui ont des petits les balancent hors des nids pour refaire une ponte. La pâtée que j’utilise (Marc BOCCARA) ; je la fabrique. Elle contient 15% de protéines pour toute la période d’entretien et d’hiver hors période d’élevage, elle contient 18% de protéines.
Les composants pour la pâtée élevage et hors élevage sont les mêmes. Seuls diffèrent les taux de protéines qui diminuent dans la pâtée d’entretien.
Ce qu’il faut retenir : en période d’élevage 18% et en période d’entretien 15% de protéines. Le fait d’ajouter des œufs dans la pâtée permet de remonter le taux de protéines entre autre.
Si on veut faire une pâtée, c’est assez simple il faut au moins 70% de parties farineuses et environ 30% de parties grasses. En moment de période d’entretien, un peu plus de 10% de parties grasses est suffisant. Les parties farineuses sont : le pain, les biscottes, le maïs, les flocons d’avoine et le riz soufflé. Les parties grasses sont : le germe de blé, la levure, la caséine, la poudre de jaune d’œuf, la poudre de lait. Pour la composition dans le commerce on trouve la biscotte( il y a quelques fabriques ) le germe de blé ( gerblé), de la levure (désamérisée ) c’est souvent de la levure de bière. J’utilise de la levure lactique alimentaire, de la poudre de jaune d’œufs, c’est plus difficile mais chez les fournisseurs de pâtisseries vous pourrez en trouver. Il faut savoir qu’un kilo de poudre de jaunes d’œufs contient environ 120 jaunes d’œufs. Personnellement je mets 10% de jaunes d’œufs au kilo de pâtée, soit 12 jaunes d’œufs. On donne de la texture à la pâtée avec le miel et les matières grasses.
Le miel est un anti-oxydent naturel, ce qui veut dire qu’il n’y a pas de microbes qui se développent dedans. Donc si vous mettez 10 à 12% de miel, vous allez avoir un support qui va coller toutes les parties fines de la chapelure et qui va empêcher le développement des toxines, des moisissures, le miel ne bouge pas. Pour incorporer le miel, il faut des matières grasses. Dans une pâtée, il faut environ 10% de matières grasses, cela améliore l’appétence ;
Une pâtée du commerce maigre fait environ 6% de matières grasses, une pâtée grasse tourne autour de 14% de matières grasses. Si vous donnez toujours une pâtée à 14% de matières grasses les femelles ont les pattes qui gonflent, si elles couvent beaucoup ne retournent pas sur les nids, les males ne cochent pas. L’excès de matières grasses entraîne des problèmes de foie ( les matières grasses peuvent rancir, ce qui entraîne la destruction de la vitamine A et donc, il faut redonner de la vitamine E pour palier à ce manque de vitamine A et revenir à une pâtée plus maigre. Pour incorporer le miel il faut le tiédir à bain-marie avec un peu de sain-doux à environ 60° et le délayer dans la biscotte un peu grossière. Bien mélanger avec les mains, puis tout repasser dans un tamis à mailles de 4 mm. La biscotte avec le miel et le sain-doux vont gonfler. Ensuite mélanger la levure avec la caséine et la poudre de lait, germe de blé et ajouter les minéraux et les vitamines. J’utilise du « vitalo » (du laboratoire CLEMENT.Une fois la pâtée faite j’ajoute du niger, du chénevis, de l’oeillette, un peu de graines de santé et du gruau d’avoine et cela donne une pâtée très appréciée des oiseaux (et des éleveurs qui ont goûté sur place la pâtée ) qui tourne à 14,15% de protéines. Par contre il faut donner pâtée et mélange de graines.
Faire attention que les oiseaux ne mangent pas trop de pâtée, car en concours ces oiseaux font « la boule », car durant le concours, ils n’ont que de la graine à leur disposition.
Moi je ne donne que de la pâtée sèche. Je ne suis pas contre la pâtée humide car j’en ai donné dans le passé, mais il faudrait la donner en petite dose 3 à 4 fois par jour pour qu’il n’y ait pas de toxines qui se développent et le problème qui se pose aussi avec la pâtée humide c’est que dès l’instant qu’il y a de la chaleur dans votre pièce d’élevage due aux oiseaux, une chaleur un peu humide, il y a des toxines qui se développent que l’on ne voit pas. Il y a des oiseaux qui résistent mieux que d’autres, pour ceux qui ne résistent pas vous risquez de donner des antibiotiques avec le risque de « démolir » la flore intestinale de l’oiseau.
Personnellement dans la pâtée j’incorpore des pro biotiques qui améliorent la flore intestinale. Cela minimise les traitements antibiotiques ( car les antibiotiques doivent être donnés si besoin pendant un laps de temps très court ), au sevrage cela ne pose pas de problèmes, j’en donne toute l’année.
Marc BOCCARA a attiré l’attention des personnes qui font leur pâtée sur le fait que concernant les matières actives protéiques ( germes de blé, levure lactique, caséine, poudre de lait ), si vous vous trompez dans les quantités, vous risquez d’avoir un taux de protéines trop élevé. Une pâtée faite par l’éleveur peut se conserver deux à trois mois sans problème. Dans le commerce, on peut trouver de la chapelure grossière, pas trop fine, et les levures et autres ingrédients sont vendus en 250g dans les magasins spécialisés. La technique est de mélanger les petites quantités ensemble pour arriver à la plus importante, pour que tout soit pré-mélangé avant d’incorporer la plus importante pour éviter un mauvais mélange des ingrédients et terminer par rajouter les graines. En matériel deux grandes bassines, un tamis à maille de 4mm, pour passer le mélange fait, « et de l’huile de coude. » Pour une pâtée de 10 kilos cela se fait en une seule fois. Pour 30 à 50 kilos, il faut faire plusieurs préparations pour arriver au résultat final. Il faut bien veiller à faire un « brassage vertical » de bas en haut car avec un « brassage horizontal » les parties les plus grosses vont au fond et les plus petites restent en surface. C’est peut être fastidieux à faire mais ces pâtées reviennent à moitié prix de celles trouvées dans le commerce. Mais attention il faut être sûr des doses et des ingrédients. Il faut faire attention aussi à ce que l’on met pour éviter une légère coloration des oiseaux qui ne sont pas à fond rouge. J’utilise une poudre d’œufs qui est très blanche comme de la farine que je trouve en Allemagne. Car certains donnent des colorants à leurs volailles pour que les jaunes d’œufs soient plus jaunes orangés.
J’espère que tout cela vous sera très utile pour concocter votre pâtée d’élevage.
Un grand merci à Marc BOCCARA pour nous avoir fait partager une petite partie de toutes ses connaissances.
Et un grand merci à Mrs BOISARD, BOCCARA et TARLET qui ont contribué a la réussite de cette journée technique.
Note du Bureau C.T.C : Grand Merci à Denis MALIGNER Vice-Président C.T.C. de nous avoir rapporté ce compte rendu (texte et photos) d’une merveilleuse journée technique très instructive pour nous tous. Si vous le souhaitez, organisez avec le concours et le soutien financier du C.T.C. et la collaboration des Juges une Journée Technique dans votre Région l’an prochain. Prenez le contact de Christophe JAMBON notre Secrétaire.
Quelques photographies de la journée
cliquez sur la vignette que vous souhaitez agrandir
|
Quand Joseph TARLET, Marc BOCCARA et Roland BOISARD transmettent leurs connaissances, même Monsieur Paul SEGUIN Eleveur de Canaris de Posture est présent.
|
Les Eleveurs jugent les oiseaux présents difficile mais très instructif.. |
|
Marc BOCCARA explique comment il « fabrique » sa propre pâtée d’Elevage. |
Les Eleveurs présents sont pensifs mais que de chemin encore à parcourir. |