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COLLOQUE INTERNATIONAL DE DUNKERQUE  -  24 Septembre 2000

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Notre ami Wilfried DEYAERT Juge O.M.J. Canaris de Couleurs, Belge, connu et apprécié de tous, nous a présenté les lipochromes jaunes et rouges. Nous publions aujourd’hui quelques extraits de ce débat notamment les lipochromes jaunes.Pas facile de remettre sur le papier toutes les informations qui nous ont été fournies au cours de cette matinée, pas facile non plus de transcrire la ferveur avec laquelle Wilfried a mené ce débat, il suffisait d’observer les éleveurs présents dans la salle mais après tout, c’est bien pourquoi ces journées existent.

Les photos qui sont publiées avec ce sujet ne sont pas les diapositives qui furent commentées ce jour là, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit de très bons sujets Champions CTC et Champion de France au cours de l’année 1999. Le sujet qui nous a été présenté ce jour là fût instructif a plus d’un titre, chaque point a son importance c’est en résumé ce qu’a tenu à nous transmettre Wilfried, et ce n’est qu’en prenant en compte tous ces points qu’on aura

la chance de monter un jour sur la plus haute marche du podium et surtout de s’y maintenir.
Je suis invité ici pour vous parler des lipochromes, ¾  d’heures c’est assez limité nous allons donc bien les remplir. Ce matin, j’ai l’honneur de débuter cette éminente réunion devant des têtes bien connues, je vais donc tenter de vous présenter quelque chose de nouveau, parce que parler d’un jaune, d’un rouge, de la répartition du schimmel et ainsi de suite, vous connaissez tous.
Cliquez sur une photo pour l'agrandir.
Jaune ivoire intensif©
Jaune ivoire intensif©
Jaune ivoire intensif©
Jaune ivoire schimmel©

La première diapo, pourquoi je vous la présente, c'est en réalité pour vous parler de la forme de l'oiseau, car avant de vous parler de la couleur de l'oiseau, je pense nécessaire de vous parler de la forme et du maintien de l'oiseau. Première diapo, canari jaune paille ou si vous voulez jaune schimmel; l'avantage chez cet oiseau, sa rondeur certe facilité du fait qu'il s'agit d'un schimmel. Dans cet oiseau, il faut apprécier les épaules qui sont bien couvertes et les ailes bien ensemble sur le croupion. Le tout fait donc un oiseau avec un très bon maintien à 45° dans sa cage d'exposition. Remarquez je ne vous ai encore pas parlé de la couleur, je vous ai parlé de la deuxième partie de la fiche de jugement, la forme de l'oiseau, la présentation de la plume.

Sur la deuxième diapo, un jaune intensif, appréciez la rondeur de la tête, la largeur de la poitrine et la ligne de l’oiseau. La ligne de l’oiseau, encore un facteur important car certains oiseaux présentent de la poitrine jusque l’entre jambe, une ligne directe, non une belle forme, c’est la rondeur partout.

Passons maintenant à la couleur. Un jaune doit présenter une couleur uniforme, sans présence de schimmel ; il faut observer que lorsqu’un intensif présente des traces de schimmel, c’est en premier lieu sur la tête aux niveaux des joues. Bien souvent même si la couleur est uniforme, ce n’est pas le cas des rémiges. Souvent la question s’est posée, il est très difficile d’avoir les rémiges et les rectrices de la même couleur. Exceptionnellement, on a parfois un oiseau qui sort quand même presque uniforme, je dis bien presque. Toutefois, du moment que les rémiges ne sont qu’un rien plus claires, cela ne gène pas, sachant que vous jugez des oiseaux de l’année, mais je reviendrais sur ce point.

On demande souvent aux oiseaux d’avoir plus de facteur citron, c’est possible mais messieurs attention car vous risquez d’avoir une couleur trop froide. Présenter un beau jaune paille, ce n’est pas si facile qu’on le pense et j’ai fait cette erreur en tant que jeune juge et amateur aussi. En effet souvent lors de conférences, il y avait des gens qui s’amenaient et me disaient, Mr DEYAERT , Je commence les oiseaux, qu’est ce que vous me conseillez, et je me rappelle à mainte fois j’ai dit :  « mais prend les jaunes », c’est quand même une couleur facile jusqu’au moment où j’en ai fait moi-même à ce moment là vous pouvez comparer la différence qu’il y a dans les jaunes, trop jaune, trop froid (trop de citrin) il faut beaucoup de jeunes déjà pour sortir un champion, il faut travailler avec des oiseaux bien citrin bien sûr.

            Je reviens sur la couleur uniforme, ces dernières années dans les jaunes, il y a des choses qui se passent, depuis quelques années il y a des amateurs qui ont trouvé et qui savent doser à juste mesure le colorant car il existe un colorant comme pour les rouges mais sous forme liquide que l’on peut donner aux jeunes. Depuis trois quatre années, regardez chez nous en Belgique et je sais qu’il y a beaucoup d’amateurs ici qui viennent chez nous en Belgique, il y a un changement dans ceux qui sont en  tête des concours. Il y a quelques années, on retrouvait souvent Mr Marien, moi-même et maintenant les noms que je vous ai cités,  se retrouvent en seconde ou troisième place et sont battus par ceux qui savent très bien doser ce produit.  Quand je dis bien dosé, il faut se rappeler quel est le but, en fait ce que l’on recherche, c’est à avoir les grandes rémiges jaunâtres. Il faut donc seulement donner ce produit à la période où poussent les grandes rémiges car si vous en donnez tout le temps et même pendant la mue, vous n’aurez plus le jaune pur. Moi-même j’ai essayé ce produit, mais j’ai abandonné, je travaille avec 25 femelles en jaune, imaginez la difficulté  lorsque  vous avez des jeunes de 3, de 8 de plus de 12 jours…A la deuxième nichée, j’ai donc arrêté. Diapo suivante, jaune intensif, cet oiseau ci champion du monde à ROULERS en 1987 avec assez de facteur citrin pour être uniforme, et pourtant cet oiseau n’a pas été coloré, cela signifie donc qu’il est possible d’obtenir ce type d’oiseau, mais ils sont rares.

J’ai insisté tout à l’heure sur la forme et la présentation, j’y tiens beaucoup, parce qu’un oiseau qui a une bonne forme, une structure parfaite, souvent il se présentera bien dans la cage, au contraire lorsque vous avez des oiseaux en jaune lipochrome ou d’autres qui croisent facilement les ailes ou qui sont haut sur patte alors ils se dressent trop inversement pour les oiseaux qui ont une poitrine lourde. Ce que je viens de dire, c’est que la forme doit être une sélection dans vos oiseaux. Bien entendu la première sélection reste la couleur, mais la deuxième sélection doit être sur la forme et la plume. En conclusion la forme, la plume et la couleur voilà trois choses importantes et alors vous serez sur le bon chemin mais cela prend du temps avant que vous maîtrisiez ces éléments.

            Nouvelle diapo, l’ivoire schimmel, comme oiseau d’exposition, c’est rare qu’ils obtiennent un pointage, pourquoi ? Pourtant ils sont décrits dans les standards, mais ils gagnent rarement dans les grands championnats. Pour quelle raison, est-ce que c’est nous autres juges qui sommes trop exigeants sur ces oiseaux, peut être ou nous autres éleveurs attirés par des couleurs vives, jaune intensif, rouge intensif. Comme vous le dites en France les goûts et les couleurs, cela ne se discute pas et il y a un fait, nous avons tous nos préférences pour certaines couleurs.. Jaune ivoire schimmel, faible couleur, fade, souvent ainsi, pas toujours mais souvent. L’ ivoire est un facteur de structure, pourquoi a t on utilisé ce mot de facteur de structure, chez l’ivoire ? L’ivoire en soi même n’est pas une couleur, c’est la plume qui a changé de structure ; le rôle de ce facteur a changé la structure de la plume de manière assez importante. La plume de l’oiseau, c’est de la corne comme nos ongles, la corne de la plume si je peux le dire ainsi a été travaillée par cette mutation et devient plus épaisse. La plume est plus douce, d’ailleurs tous les éleveurs d’ivoire savent cela, notamment lorsqu’ils prennent l’oiseau en main en comparatif à un jaune intensif. Cette structure a tellement changé la plume que le résultat c’est que nous voyons la couleur autrement. En effet lorsque nous observons une couleur, nous ne voyons pas cette couleur directement, mais la couleur en fonction du support. Pourquoi ? Dans le spectre, nous voyons toutes les couleurs ensemble( arc en ciel). Ces couleurs qui se trouvent dans le spectre tombent sur l’objet et suivant la composition de ce dernier, les couleurs nous sont rejetées et ce sont ces couleurs rejetées que nous voyons. Et bien chez l’ivoire comme la plume est autrement structurée, les couleurs sont filtrées et de ce fait là, on ne reçoit plus autant de couleurs, autant de vif. C’est pour cela que je dis toujours, on parle de la couleur ivoire, OK, nous devons le comprendre mais l’ivoire en soi même n’existe pas comme couleurs, c’est du jaune mais présenté d’une autre manière.

Ivoire intensif, je vous ai parlé tout à l’heure de la difficulté du jaune, mais je crois qu’en Ivoire, la difficulté est encore plus importante, en effet pour présenter un ivoire en lipochrome sans trâce de schimmel, cela est aussi difficile que de trouver une épingle dans une botte de foin précisément à cause de cette structure de plume.

Parlons maintenant des lutinos, « lutinos » que mes collègues juges français avaient presque condamné puisqu’ils avaient proposé lors de la dernière réunion à Porentruy de ne plus reconnaître comme classe séparée et souhaitaient les juger avec les blancs et les jaunes sous prétexte que les critères de jugements étaient identiques( je parle des lutinos mais il en est de même pour les albinos et les rubinos). Lors de cette réunion, Pierre Groux qui est dans la salle pourra vous le confirmer, je me suis opposé à cette décision et avoir raison c’est toujours difficile à dire, mais nous avons eu gain de cause. Aussi sur le plan de la COM, Ces oiseaux sont-ils toujours reconnus. Je comprends certes le raisonnement de mes collègues juges en France pourquoi faire une différence, les exigences sur ces oiseaux sont les mêmes, mais je me suis surtout opposé connaissant la difficulté d’élevage de cet oiseau pour en avoir moi-même élever auparavant. Si on avait accepté une telle décision, c’était à coup sur la mort de nos oiseaux lipochrome à yeux rouges parce que personne de vous autre allait encore s’amusait à élever ces oiseaux s’ils n’ont pas une classe à part. Autre information  la plus part des lutinos et des albinos sont porteurs satinés, je m’explique. Comment sommes nous arrivés aux premiers lutinos et albinos, j’étais moi-même à la base depuis les années 62,63, j’avais alors des blancs récessifs et l’un de mes amis belges avait les premiers satinés, il possédait un satiné blanc à moitié panaché et après une réunion de notre comité vous savez comment cela se passe, on va boire une petite pinte ensemble, et on cause et on cause, et tout à coup comme un déclic, je me dis si j’obtiens ce satiné, je l’accouple avec mes blancs récessifs, résultat j’ai obtenu des panachés brun aux yeux noirs et des femelles aux yeux rouges et au bout de 3 années, j’avais obtenu des lipochromes aux yeux rouges. Tout cela pour la petite histoire, et pour vous expliquer l’origine de nos lipochromes aux yeux rouge. Mais allons un peu plus loin, comment se fait-il qu’un lutino présente souvent le lipochrome orangé au niveau de la tête notamment, phénomène que l’on retrouve également chez les satinés, et bien chez tous ces oiseaux ont un point communs, on a enlevé totalement le facteur noir, or le facteur citron est lié avec le noir ne me demandez pas comment, ni de le mettre en formule mais toujours utile que ces deux facteurs sont très liés.

Compte Rendu par Laurent WULVERYCK

Responsable Commission « Générale » C.T.C

Note Bureau C.T.C.Merci Laurent pour ton Compte Rendu et les photos présentées.

Merci également à Mr DEYAERT pour la présentation de ses connaissances techniques et la motivation qu’il l’anime. Un exposé apprécié de tous… Quand la technique et la génétique n’ont plus de secret pour celui qui instruit…Grand Merci Wilfrid