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La première
diapo, pourquoi je vous la présente, c'est en réalité
pour vous parler de la forme de l'oiseau, car avant de vous parler de la couleur
de l'oiseau, je pense nécessaire de vous parler de la forme et du maintien
de l'oiseau. Première diapo, canari jaune paille ou si vous voulez
jaune schimmel; l'avantage chez cet oiseau, sa rondeur certe facilité
du fait qu'il s'agit d'un schimmel. Dans cet oiseau, il faut apprécier
les épaules qui sont bien couvertes et les ailes bien ensemble sur
le croupion. Le tout fait donc un oiseau avec un très bon maintien
à 45° dans sa cage d'exposition. Remarquez je ne vous ai encore
pas parlé de la couleur, je vous ai parlé de la deuxième
partie de la fiche de jugement, la forme de l'oiseau, la présentation
de la plume.
Sur
la deuxième diapo, un jaune intensif, appréciez la rondeur de la tête, la
largeur de la poitrine et la ligne de l’oiseau. La ligne de l’oiseau, encore
un facteur important car certains oiseaux présentent de la poitrine jusque
l’entre jambe, une ligne directe, non une belle forme, c’est la rondeur partout.
Passons
maintenant à la couleur. Un jaune doit présenter une couleur uniforme, sans
présence de schimmel ; il faut observer que lorsqu’un intensif présente
des traces de schimmel, c’est en premier lieu sur la tête aux niveaux des
joues. Bien souvent même si la couleur est uniforme, ce n’est pas le cas des
rémiges. Souvent la question s’est posée, il est très difficile d’avoir les
rémiges et les rectrices de la même couleur. Exceptionnellement, on a parfois
un oiseau qui sort quand même presque uniforme, je dis bien presque. Toutefois,
du moment que les rémiges ne sont qu’un rien plus claires, cela ne gène pas,
sachant que vous jugez des oiseaux de l’année, mais je reviendrais sur ce
point.
On
demande souvent aux oiseaux d’avoir plus de facteur citron, c’est possible
mais messieurs attention car vous risquez d’avoir une couleur trop froide.
Présenter un beau jaune paille, ce n’est pas si facile qu’on le pense et j’ai
fait cette erreur en tant que jeune juge et amateur aussi. En effet souvent
lors de conférences, il y avait des gens qui s’amenaient et me disaient, Mr
DEYAERT , Je commence les oiseaux, qu’est ce que vous me conseillez,
et je me rappelle à mainte fois j’ai dit : « mais prend les
jaunes », c’est quand même une couleur facile jusqu’au moment où j’en
ai fait moi-même à ce moment là vous pouvez comparer la différence qu’il y
a dans les jaunes, trop jaune, trop froid (trop de citrin) il faut beaucoup
de jeunes déjà pour sortir un champion, il faut travailler avec des oiseaux
bien citrin bien sûr.
Je
reviens sur la couleur uniforme, ces dernières années dans les jaunes, il
y a des choses qui se passent, depuis quelques années il y a des amateurs
qui ont trouvé et qui savent doser à juste mesure le colorant car il existe
un colorant comme pour les rouges mais sous forme liquide que l’on peut donner
aux jeunes. Depuis trois quatre années, regardez chez nous en Belgique et
je sais qu’il y a beaucoup d’amateurs ici qui viennent chez nous en Belgique,
il y a un changement dans ceux qui sont en tête des concours. Il y a quelques années,
on retrouvait souvent Mr Marien, moi-même et maintenant les noms que je vous
ai cités, se retrouvent en seconde
ou troisième place et sont battus par ceux qui savent très bien doser ce produit.
Quand je dis bien dosé, il faut se rappeler quel est le but, en fait
ce que l’on recherche, c’est à avoir les grandes rémiges jaunâtres. Il faut
donc seulement donner ce produit à la période où poussent les grandes rémiges
car si vous en donnez tout le temps et même pendant la mue, vous n’aurez plus
le jaune pur. Moi-même j’ai essayé ce produit, mais j’ai abandonné, je travaille
avec 25 femelles en jaune, imaginez la difficulté
lorsque vous avez des jeunes de 3, de 8 de plus de
12 jours…A la deuxième nichée, j’ai donc arrêté. Diapo suivante, jaune intensif,
cet oiseau ci champion du monde à ROULERS en 1987 avec assez de facteur citrin
pour être uniforme, et pourtant cet oiseau n’a pas été coloré, cela signifie
donc qu’il est possible d’obtenir ce type d’oiseau, mais ils sont rares.
J’ai
insisté tout à l’heure sur la forme et la présentation, j’y tiens beaucoup,
parce qu’un oiseau qui a une bonne forme, une structure parfaite, souvent
il se présentera bien dans la cage, au contraire lorsque vous avez des oiseaux
en jaune lipochrome ou d’autres qui croisent facilement les ailes ou qui sont
haut sur patte alors ils se dressent trop inversement pour les oiseaux qui
ont une poitrine lourde. Ce que je viens de dire, c’est que la forme doit
être une sélection dans vos oiseaux. Bien entendu la première sélection reste
la couleur, mais la deuxième sélection doit être sur la forme et la plume.
En conclusion la forme, la plume et la couleur voilà trois choses importantes
et alors vous serez sur le bon chemin mais cela prend du temps avant que vous
maîtrisiez ces éléments.
Nouvelle
diapo, l’ivoire schimmel, comme oiseau d’exposition, c’est rare qu’ils obtiennent
un pointage, pourquoi ? Pourtant ils sont décrits dans les standards,
mais ils gagnent rarement dans les grands championnats. Pour quelle raison,
est-ce que c’est nous autres juges qui sommes trop exigeants sur ces oiseaux,
peut être ou nous autres éleveurs attirés par des couleurs vives, jaune intensif,
rouge intensif. Comme vous le dites en France les goûts et les couleurs, cela
ne se discute pas et il y a un fait, nous avons tous nos préférences pour
certaines couleurs.. Jaune ivoire schimmel, faible couleur, fade, souvent
ainsi, pas toujours mais souvent. L’ ivoire est un facteur de structure, pourquoi
a t on utilisé ce mot de facteur de structure, chez l’ivoire ? L’ivoire
en soi même n’est pas une couleur, c’est la plume qui a changé de structure ;
le rôle de ce facteur a changé la structure de la plume de manière assez importante.
La plume de l’oiseau, c’est de la corne comme nos ongles, la corne de la plume
si je peux le dire ainsi a été travaillée par cette mutation et devient plus
épaisse. La plume est plus douce, d’ailleurs tous les éleveurs d’ivoire savent
cela, notamment lorsqu’ils prennent l’oiseau en main en comparatif à un jaune
intensif. Cette structure a tellement changé la plume que le résultat c’est
que nous voyons la couleur autrement. En effet lorsque nous observons une
couleur, nous ne voyons pas cette couleur directement, mais la couleur en
fonction du support. Pourquoi ? Dans le spectre, nous voyons toutes les
couleurs ensemble( arc en ciel). Ces couleurs qui se trouvent dans le spectre
tombent sur l’objet et suivant la composition de ce dernier, les couleurs
nous sont rejetées et ce sont ces couleurs rejetées que nous voyons. Et bien
chez l’ivoire comme la plume est autrement structurée, les couleurs sont filtrées
et de ce fait là, on ne reçoit plus autant de couleurs, autant de vif. C’est
pour cela que je dis toujours, on parle de la couleur ivoire, OK, nous devons
le comprendre mais l’ivoire en soi même n’existe pas comme couleurs, c’est
du jaune mais présenté d’une autre manière.
Ivoire
intensif, je vous ai parlé tout à l’heure de la difficulté du jaune, mais
je crois qu’en Ivoire, la difficulté est encore plus importante, en effet
pour présenter un ivoire en lipochrome sans trâce de schimmel, cela est aussi
difficile que de trouver une épingle dans une botte de foin précisément à
cause de cette structure de plume.
Parlons
maintenant des lutinos, « lutinos » que mes collègues juges français
avaient presque condamné puisqu’ils avaient proposé lors de la dernière réunion
à Porentruy de ne plus reconnaître comme classe séparée et souhaitaient les
juger avec les blancs et les jaunes sous prétexte que les critères de jugements
étaient identiques( je parle des lutinos mais il en est de même pour les albinos
et les rubinos). Lors de cette réunion, Pierre Groux qui est dans la salle
pourra vous le confirmer, je me suis opposé à cette décision et avoir raison
c’est toujours difficile à dire, mais nous avons eu gain de cause. Aussi sur
le plan de la COM, Ces oiseaux sont-ils toujours reconnus. Je comprends certes
le raisonnement de mes collègues juges en France pourquoi faire une différence,
les exigences sur ces oiseaux sont les mêmes, mais je me suis surtout opposé
connaissant la difficulté d’élevage de cet oiseau pour en avoir moi-même élever
auparavant. Si on avait accepté une telle décision, c’était à coup sur la
mort de nos oiseaux lipochrome à yeux rouges parce que personne de vous autre
allait encore s’amusait à élever ces oiseaux s’ils n’ont pas une classe à
part. Autre information la plus part
des lutinos et des albinos sont porteurs satinés, je m’explique. Comment sommes
nous arrivés aux premiers lutinos et albinos, j’étais moi-même à la base depuis
les années 62,63, j’avais alors des blancs récessifs et l’un de mes amis belges
avait les premiers satinés, il possédait un satiné blanc à moitié panaché
et après une réunion de notre comité vous savez comment cela se passe, on
va boire une petite pinte ensemble, et on cause et on cause, et tout à coup
comme un déclic, je me dis si j’obtiens ce satiné, je l’accouple avec mes
blancs récessifs, résultat j’ai obtenu des panachés brun aux yeux noirs et
des femelles aux yeux rouges et au bout de 3 années, j’avais obtenu des lipochromes
aux yeux rouges. Tout cela pour la petite histoire, et pour vous expliquer
l’origine de nos lipochromes aux yeux rouge. Mais allons un peu plus loin,
comment se fait-il qu’un lutino présente souvent le lipochrome orangé au niveau
de la tête notamment, phénomène que l’on retrouve également chez les satinés,
et bien chez tous ces oiseaux ont un point communs, on a enlevé totalement
le facteur noir, or le facteur citron est lié avec le noir ne me demandez
pas comment, ni de le mettre en formule mais toujours utile que ces deux facteurs
sont très liés. |